Nuage au long cours

… Le Quatuor no. 2 de Morton FELDMAN (5h environ)

Œuvre magnifique, ouvragée comme les tapis du Moyen-Orient qui hantaient le compositeur.
Œuvre paradoxale qui développe l’art de l’écriture minimale pendant plus de 5 heures sans interruption.
Un haïku sonore qui se prendrait au piège de la longueur.

Un quatuor-nuage, énorme, flottant dans le ciel, apparemment immobile. On le regarde fixement pour surprendre en vain un mouvement. Puis on le perd de vue un instant, on somnole, et l’énorme pachyderme de tout à l’heure ressemble maintenant à un train à vapeur qui s’écroule..
En réalité ses formes se meuvent sans relâche sous la fausse placidité.
Musique heureuse et qui ne s’en lasse pas.

Curieusement, si à l’écoute ce quatuor semble simple, son écriture est en réalité très complexe.
FELDMAN n’a presque jamais recours à la répétition stricte d’un même motif. Les rythmes sont la plupart du temps impairs et les subdivisions étrangement précises. Les transformations s’opèrent par des variations infimes et labyrinthiques. La volonté est-t-elle d’exiger des interprètes une attention sans relâche, épuisante ? Ou est ce pour cela que cette musique nous semble si insaisissable et vivante?

L’entreprise semble en tous cas tranquillement impossible et se pose comme une falaise roide et séduisante à nos imaginaires d’interprètes.

Nous avons hâte d’y être.

Q. Béla


- Quatuor a Cordes n-2 de Morton Feldman par le Quatuor Bela - - Blaise Adilon

Première

Le 5 mars 2014,
ouverture de la Biennale Musique en Scène
au Musée d’Art Contemporain de Lyon


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Articles de Presse (PDF)

Photographies : Blaise Adilon


Dates

  • vendredi 30 mars 2018, 19:00, Printemps des Arts, Musée Océanographique de Monte-Carlo
  • dimanche 20 novembre 2016, 11:00, Centre Georges Pompidou à Metz