Les terres fertiles, créations et retrouvailles le 14 novembre à Clermont

Le mercredi 14 novembre 2018, au Petit Vélo, Musiques Démesurées


Musiques Démesurées 2018

Le programme de ce concert est le reflet de notre parcours de quatuor, et plus encore de mon propre itinéraire de compositeur. C’est pourquoi le ton et le style de ces œuvres sont très contrastés, et dessinent un paysage dans lequel chacun aura plaisir à s’égarer, nous l’espérons !
Le second quatuor de György Ligeti, œuvre maîtresse du répertoire de la seconde moitié du XXème siècle, tient une place spéciale dans le répertoire du Quatuor Béla. Dès notre création en 2006, nous nous sommes plongés dans le lent apprentissage de cette intimidante et passionnante partition, pendant un an, avant d’oser enfin la jouer en concert. Cette pièce visionnaire, aux accents de haute atmosphère, ne nous a jamais quittés depuis.

Robert Pascal est un compositeur qui incarne parfaitement la conception antique de la musique comme intimement liée aux mathématiques. Ses études scientifiques ont sans doute contribué à lui donner cette grande rigueur et cette curiosité aigüe en musique. Et pourtant toute son œuvre est irriguée d’une profonde poésie et d’une sensibilité qui ne laisse pas place à la froideur conceptuelle. Les cours d’analyse que j’ai suivis auprès de lui au CNSM de Lyon, font partie des moments décisifs qui m’ont encouragé à « oser composer ». Aujourd’hui, nous sommes très fiers de créer sa dernière œuvre pour quatuor à cordes intitulée « Les Terres Fertiles » .

Jeremias Iturra quand à lui, fait partie de ces rencontres qui émaillent notre vie d’ensemble. Jeremias est un jeune compositeur chilien dont nous avons fait la connaissance lors d’un séminaire de composition dans la classe de Daniel d’Adamo. Nous avons été séduits par la vitalité coupante et généreuse de son écriture, et nous avons voulu lui commander une œuvre. La chose a été rendue possible grâce au soutien du festival « Musiques démesurées », qu’ils en soient ici remerciés !

Nous jouerons enfin « Musiques à Danser », une pièce que j’ai  écrite pour trio à cordes, commande du festival de Montpellier-Radio-France, et dont le titre donne clairement le ton. Une musique de danse doit-elle être pensée pour le mouvement ? Est-elle forcément rythmique ? Régulière ? Gaie ?… J’ai envisagé plusieurs réponses…

Ainsi, nous nous faisons une joie de présenter ce concert, qui balaie un spectre d’esthétiques très diverses. Ainsi, comme le promeneur avisé qui ne part pas sans panier, pour ramener des mûres, des airelles ou peut-être quelques girolles s’il est chanceux, chacun pourra trouver de belles surprises musicales au détour de l’une ou l’autre de ces œuvres. Elles font partie, pour nous autres du quatuor Béla, de nos Terres Fertiles …

Frédéric Aurier