Naissance : Quatuor no. 2 de Frédéric Pattar

QBela_F. Pattar_Rémy Jannin

Le 16 juillet 2015, a été créé le Quatuor no. 2 de Frédéric Pattar, que nous attendions depuis bien longtemps : nous espérons que vous pourrez nombreux, venir le découvrir lors des prochains concerts  !

  • vendredi 21 août 2015, 18:30, Festival International de Quatuors en Lubéron, Abbaye de Silvacane (13)
  • vendredi 25 septembre 2015, 20:30, Centre des Arts à Enghien les Bains
  • samedi 14 novembre 2015, 20:30, Scène Watteau, Nogent-sur-Marne
  • samedi 28 novembre 2015, 20:30, Festival Sons d'Automne à Annecy, Salle Pierre Lamy
  • vendredi 12 février 2016, 20:30, ODE - Conservatoire de Vanves
  • lundi 1 août 2016, Festival de Chaillol, La Bâtie-Neuve, Salle de la Tour
  • samedi 10 septembre 2016, 16:00, Maison de Radio France, Studio 106, Paris
  • samedi 26 novembre 2016, 20:30, Théâtre de l'Archipel, Scène Nationale de Perpignan
  • mardi 29 novembre 2016, 20:30, Liban, Beyrouth, à l’auditorium Audi de l’ESA Business School
  • samedi 14 janvier 2017, 19:00, L'Entracte, Sablé sur Sarthe, au Grand Hôtel de Solesmes
  • jeudi 26 janvier 2017, 20:30, La Garance, Scène Nationale de Cavaillon
  • jeudi 30 mars 2017, 20:30, Collégiale d'Ibos, avec le Parvis, Scène Nationale de Tarbes

Voici quelques témoignages de ceux et celles qui étaient là ce soir là, dans l’acoustique généreuse de l’Eglise de la Grave, pour le Festival Messiaen au Pays de la Meije :

Un fidèle compagnonnage lie les Bela au compositeur dijonnais Frédéric Pattar (1969). Sa pièce aux contours très ciselés instaure une sorte de théâtre de sons aussi inventif que subtil, donnant à chaque membre du quatuor un rôle soliste. Les sonorités con sordino évoluent dans des registres inhabituels, engendrant une chorégraphie de gestes et de figures sonores flexibles, qui captivent l’œil autant que l’oreille. Rien ne lasse dans cette « mise en scène » tirée au cordeau, à la faveur d’un engagement et d’une concentration de nos quatre « acteurs » qui forcent l’admiration.
Michèle Tosi, Resmusica

Le Deuxième Quatuor de Frédéric Pattar (né en 1969) et Vertical Speed de Laurent Durupt (né en 1978) étaient donnés en création mondiale. Ces compositeurs de la jeune génération (celle dont les maîtres – Gilbert Amy pour l’un, Allain Gaussin pour le second – furent eux-mêmes élèves de Messiaen) créent dans leur œuvre une dramaturgie purement instrumentale. Elle est d’une extrême finesse dans le quatuor de Frédéric Pattar où chaque musicien devient soliste à son tour, avec son propre caractère et sans que jamais l’œuvre ne revienne sur ses pas : le paysage sonore s’élargit progressivement à ce jeu de regards croisés, que l’on devine écrit sur mesure pour l’excellent Quatuor Béla, tout autant impeccable dans l’écriture rectiligne de François-Bernard Mâche (Eridan, 1986) que dans les variations mélodiques et harmoniques de Benjamin Britten (Quatuor n°2, 1945).
Jean-Guillaume Lebrun, Concertclassic.com

La création de Frédéric Pattar, singulière, riche et exigeante, tant elle est fine, colorée, élancée, tendue, rythmiquement et harmoniquement complexe, est à la fois d’une rare difficulté d’exécution et extrêmement signifiante. Ce qui lui donne un tour dramatique et lyrique incroyablement prégnant. Né à Dijon en 1969, élève de Gilbert Amy au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon, études qu’il a complétées par un cursus de composition et d’informatique de l’Ircam en 1999, lauréat de la Fondation Boucourechliev en 2005, en résidence au DAAD Künstlerprogramm de Berlin en 2010, marqué par le matérialisme poétique de Gaston Bachelard, Frédéric Pattar se préoccupe principalement d’articulation entre musique, texte et représentation visuelle. Dans ses œuvres, les flux rythmiques déferlent en vagues continues et nourrissent la toile harmonique, créant ainsi des perspectives sonores souvent inouïes. L’on retrouve toutes ces caractéristiques dans le Quatuor à cordes n° 2 dont il vient de confier la création au Quatuor Béla, qui s’est joué de toutes les difficultés de l’œuvre nouvelle avec une dextérité impressionnante. La partition est construite en un mouvement unique subdivisée en quatre parties, et chaque instrument est traité en soliste. L’œuvre est ouverte par le premier violon jouant sur la chanterelle sur la nuance pianissimo, tandis que les autres instruments émettent le son du vent, avant de se faire de plus en plus présents, émettant de véritables fusées de sons. Le quatuor est tout en dentelles, en légèreté, les ourlets étant finement couturés. Les pizzicati et les piqués d’archets sont finement rythmés, l’œuvre entière trahissant la sensibilité à fleur de peau du compositeur.
Blog de Bruno Serrou

Photographie : Frédéric Pattar, par Rémy Jannin.