Beethoven, Xenakis, Chostakovitch

 

  • Iannis XENAKIS, Tétras pour quatuor a cordes
  • Ludwig van BEETHOVEN Quatuor a cordes n°16 en fa majeur, op.135
  • Dmitri CHOSTAKOVITCH Quintette pour piano et cordes en sol mineur, op.57, avec la pianiste Audrey VIGOUREUX
 

«Muss es sein? Es muss sein!»: Écrite de la main de Beethoven dans le dernier mouvement de son quatuor op.135, cette inscription fit couler beaucoup d’encre… Certains rapportent que le compositeur, se trouvant en grande difficulté financière, fut forcé d’écrire ce quatuor promis à son éditeur, alors qu’il projetait d’écrire quelque chose de plus grand. D’autres y voient des connotations plus métaphysiques. Milan Kundera en fait même le symbole de la«nécessité», de ce qui pèse, qui a de la valeur, en opposition à cequi est frivole et sans substance, dans son roman L’insoutenable légèreté de l’être. Léo Ferré chantera aussi ce «Es Muss Sein»dans sa chanson éponyme, interpelant Beethoven, et revendiquant que la musique soit dans la rue, partout, pour tous. Quoi qu’il en soit, le dernier quatuor de Beethoven, sa dernière œuvre, est une pure merveille, lapidaire, énigmatique, voire déroutante. Pour entourer ce chef-d’œuvre, Tetras (4 en grec) de Xenakis, musique en constante oscillation d’un pôle à un autre, du continu au discontinu, dans un tempo fiévreux, vertige pour l’auditeur, et véritable défi pour les interprètes; et le quintette op.57 de Chostakovitch, écrit en 1940, monument pour piano et cordes témoignant de l’oppression, de la violence et de la désolation de cette triste époque.

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