Les terres fertiles, de Robert Pascal

Publié le Catégories Oeuvres

Les terres fertiles

 Le quatuor « Les terres fertiles » peut être présenté comme une grande forme pourtant développée dans un temps réduit. Ce point de vue un peu technique s’explique par le fait que l’œuvre est constituée d’une succession de moments très caractérisés, différenciés par exemple par leur allure et leur tempo, exactement comme une grande forme classique construite en plusieurs mouvements. Ici, pourtant, tout est ramassé en une douzaine de minutes.

Mais adoptons plutôt un point de vue plus simple permettant d’appréhender la nature de l’œuvre, même si – cela va sans dire – je n’ai pas pensé en ces termes pendant la composition : il est juste de dire que l’auditeur franchit les portes de ce quatuor comme l’on entre dans une assemblée pleine d’individus qui nous sont inconnus. Les premières rencontres, lors des présentations avec chacun, assez brèves, souvent superficielles, ne prendront leur sens que lorsqu’on se retrouvera pour échanger un peu plus longuement.

Il en est ainsi des moments successifs des « Terres fertiles », qui sont autant d’individualités ayant leur physionomie propre, parfois entendues dans un premier temps pendant quelques secondes seulement. Nous les recroiserons plusieurs fois au fil de l’œuvre, mais toujours suivant un nouvel angle. Pour éviter que l’auditeur entrant dans cette assemblée nombreuse logée dans une si petite pièce ne soit tenté de se dire « J’ai dû me tromper de salle … », voici quelques remarques qui pourront aider l’écoute.

Le premier élément a une personnalité très simple. Il est modestement exposé au début au premier violon tout seul dans une nuance assez piano. Il est mû par une aspiration ascendante et c’est ce qui le marquera lors de ses nombreux retours.

Le second, extrêmement bref, est très contrasté entre pizzicati forts et légers bruits de frottements d’archet. Mais il aura beaucoup d’avenir dans le quatuor.

Le troisième est très volubile.

etc …

Disons aussi qu’à la fin, en quittant la salle, s’entendront par autant de retours en arrière les souvenirs des physionomies rencontrées.

Mais pour le reste, bienvenue ! Et bonnes rencontres !

Robert PASCAL

Les terres fertiles, est une commande du Quatuor Béla
Création le 14 novembre 2018, pour le Festival Musiques Démesurées


Back to forward, d’Aurelio Edler-Copes

Aurelio EDLER-COPES, à propos de son œuvre pour harpe et quatuor à cordes. 

« Back to forward »
Commande du Quatuor Béla

Création le 20 novembre 2017, pour le Festival Sons d’Automne à Annecy.

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Dans cette nouvelle création pour Valeria Kafelnikov et le Quatuor Béla, autour du centenaire de la disparition de Claude Debussy, je souhaite avancer dans mes récentes recherches autour des processus compositionnels construits par analogie aux processus d’enregistrement, transformation et reproduction analogiques du son.
Ainsi, des actions comme rec, play, stop, pause, rew, ffw, scratch, reverse, loop, freeze, time stretching, sampling etc. seront transposés à l’écriture instrumentale afin de créer une oeuvre en même temps corporelle et mécanique.

Une danse, à l’exemple des Danses de Debussy, où les interprètes seront poussés à l’extrême de la précision tout en se laissant mener par la curiosité face à la richesse et la malléabilité du phénomène sonore.

Lien vers la page du concert « Dentelle mécanique », avec Valeria Kafelnikov