ADONAÏS BRUNO DUCOL

ADONAÏS
BRUNO DUCOL

Bruno Ducol : « Plusieurs amis et interprètes complices (en particulier Hélène et Thierry Salmona, commanditaires d’Adonaïs) ont permis de graver ce nouveau CD. J’en ai concocté le programme lors de ma résidence à l’abbaye de la Prée de 2014 à 2016 en hommage à une Antiquité où nature et culture, Aphrodite et Corinna, Soleil et Océan tissaient une longue et harmonieuse toile. Hommage aussi à quelques égéries contemporaines qui en prolongent les effets. ».

DEBUSSY | MAGNARDLE QUATUOR BÉLA

DEBUSSY | MAGNARD
LE QUATUOR BÉLA

« Tempos plutôt vifs, phrasés très personnels, accents tour à tour anguleux ou finement irisés, parfaite cohérence organique : rompu au répertoire contemporain, le Quatuor Béla met admirablement en valeur la modernité du Quatuor en sol mineur (1892-1893), premier grand chef-d’œuvre de Debussy. (…) Le couplage inattendu avec le Quatuor en mi mieur (1902-1903) d’Albéric Magnard est un trait de génie. (…) »

Patrick Szersnovicz

A Lire : Article complet de Patrick Szersnovicz

Impressions d’Afrique Moriba KOÏTA, Kévin VOLANS, Frédéric AURIER

Impressions d’Afrique
Moriba KOÏTA, Kévin VOLANS, Frédéric AURIER

 » Ce disque est le fruit de notre émerveillement pour les musiques d’Afrique. Les pièces enregistrées ici témoignent d’un cheminement long de plusieurs années. Pour nous autres, musiciens d’un quatuor à cordes, l’Afrique semble être un continent bien éloigné de nos terres artistiques. Et pourtant…
Au départ, il y a eu la fascination pour la cora, les chants polyphoniques pygmées, le bolel éthiopien… des heures à dévorer les merveilleux disques du label Ocora !
Ensuite vint la découverte de l’univers singulier du compositeur Kevin Volans, un pont improbable et génial entre culture zoulou et avant-garde occidentale. C’était davantage une vision transposée, stylisée du continent africain qui s’offrait à nous. Il faut saluer ici l’intrépide Kronos Quartet, qui le premier a porté au disque ce fantastique White Man Sleeps.
Puis c’est à l’occasion de notre enregistrement des quatuors de Ligeti que nous avons rencontré Simha Arom, le grand ethnomusicologue spécialiste de la musique des pygmées Aka. Son érudition et les souvenirs incroyables de ses expéditions en Centrafrique, nous ont encouragés à explorer nous-même la richesse musicale de ce grand continent.
Entre temps, j’avais écrit Impressions d’Afrique, suite à une commande de Luc Dedreuil, pour le quatuor de violoncelles Alexander, dont nous jouons à présent la version pour quatuor à cordes. Les images sonores convoquées dans la pièce sont « réellement » fantasmagoriques, à la fois caricatures de nos images d’Epinal sur le continent noir, et rêves intangibles d’un jardin d’Eden africain. Michel Leiris, dans son livre L’Afrique Fantôme, décrit autant ce qu’il voit que ce qu’il ressent ou comment il est lui-même transformé par le voyage. De la même façon, Impressions d’Afrique, c’est ce « coin d’Afrique » qui fait partie de notre imaginaire commun, un monde que, pour ma part, même quelques séjours au Gabon ou au Congo n’ont pas effacé totalement.

Enfin il y a eu la rencontre avec Moriba. Quand Philippe Conrath, directeur du festival Africolor, nous a proposé de partager la scène avec un musicien africain, c’est notre chère Charlotte De Jésus, administratrice du quatuor, qui a tout de suite pensé à Moriba Koïta, et qui nous l’a présenté. Nous fûmes alors en prise directe avec le Mali, et la tradition des griots. Avant de prendre la mesure de l’homme-mémoire qu’était Moriba, nous avons été tout d’abord impressionnés par sa virtuosité instrumentale. Le langage musical, la manière de composer, de travailler, de « s’y prendre », étaient tellement différents, le fossé entre notation musicale et mémorisation des formules mélodiques tellement abyssal, que l’ambition de jouer ensemble notre musique nous est parfois apparue comme inatteignable. Mais le désir de partager un véritable objet musical qui n’aurait appartenu qu’à nous cinq a été le plus fort. Et c’est peut-être parce qu’il a fallu faire tant de chemin les uns vers les autres, que nous avons pu tisser une relation particulière avec Moriba, intense d’estime et d’amitié, une relation qui, elle aussi, n’appartenait qu’à nous.
Le 22 septembre 2016, jour anniversaire de l’indépendance du Mali dont il aura été sans conteste l’un des plus grands ambassadeurs culturels, Moriba Koïta nous a quittés. Ce disque lui est dédié. »

Frédéric Aurier, pour le Quatuor Béla

LE MUR D’HADRIEN FRÉDÉRIC AURIER

LE MUR D’HADRIEN
FRÉDÉRIC AURIER

Pour voix de femmes, chœur et quatuor de Frédéric Aurier

« Qui étaient ces autres qui vivaient au-delà du mur ? Quelle était leur langue ? Que chantaient-il ? Il nous faut bien l’imaginer aujourd’hui …
Frontière imperméable, symbole du refus de l’inconnu que Monteverdi avait fermement surmonté à son époque et à sa manière, le mur d’Hadrien, encore visible aujourd’hui à l’état de ruine, nous avertit sur notre peur de ce qui est étranger, à l’heure où les replis identitaires recommencent à nous taquiner dangereusement … »

Frédéric Aurier

Métamorphoses nocturnes György LIGETI

Métamorphoses nocturnes
György LIGETI

« György Ligeti, enfant, dessine sur un cahier les cartes d’un monde imaginaire. Il se cache dans le grenier pour lire des contes, une vieille horloge égrène son tic-tac, les toiles d’araignées forment des labyrinthes jolis et mortels. Il s’entraîne sur le vieux piano paternel, il découvre les symphonies de Beethoven, sur le chemin du conservatoire il entend les musiques tziganes qui s’échappent des tavernes. Il aime ces deux musiques, l’une savante l’autre populaire, elles ne s’opposent pas et se répondent harmonieusement ou comiquement dans son esprit. Le petit György rêve.
Plus tard, il est jeune compositeur, le régime politique de son pays se durcit, la culture est mise sous tutelle et les inventions ou trouvailles musicales sont proscrites, la nouveauté est l’ennemie du peuple. Bartók, le maître tant admiré s’enfuit puis meurt en exil.
Ligeti est contraint d’écrire de la musique dans un style officiel, cela se résume le plus souvent à arranger des thèmes traditionnels pour diverses formations. II écrit en secret des œuvres plus ambitieuses et nouvelles.
En 1956, après avoir subi le joug du nazisme puis du soviétisme, Ligeti, au péril de sa vie, s’enfuit. De l’autre côté du mur, il écrit enfin comme il l’entend. Il découvre le monde immense, les musiques extra-européennes, électroniques, rock, free-jazz, entendues jusque-là à travers les ondes brouillées des radios clandestines…
Progressivement, les influences musicales se réconcilient à nouveau dans son esprit et dans son cœur, et du fin fond de sa mémoire ressurgit son cher monde imaginaire. Il s’y réfugie souvent et il n’est pas rare d’entendre dans ses œuvres un violoniste tzigane qui aurait été initié à la musique des Pygmées Aka, une valse liquide montée sur ressorts, ou une fanfare de klaxons perdue au milieu d’une fable gothique. Ligeti disparaît en 2006, nous laissant une œuvre essentielle et l’image d’un homme libre, attentif aux mouvements du monde. »

RETOUR SUR LE COISSARD BALBUTANT JEAN-FRANÇOIS VROD & LE QUATUOR BÉLA

RETOUR SUR LE COISSARD BALBUTANT
JEAN-FRANÇOIS VROD & LE QUATUOR BÉLA

Rencontre entre un quatuor de musique contemporaine et un musicien traditionnel improvisateur, Jean-François Vrod …

« Retour sur le Coissard Balbutant » est un concert parlant, où se mêlent des musiques improvisées, traditionnelles, écrites et un texte. Celui-ci, sorte de fable moderne, retranscrit les observations alarmistes d’une petite frange de la communauté scientifique sur les perturbations migratoires d’un oiseau : le coissard balbutant. Ces perturbations sembleraient, de plus, causer des troubles avérés au sein des sociétés humaines …
Il a suffit que chacun de nous en vienne, suite à son parcours, sa pratique, ses envies, à se poser au même moment la même question : quelle musique suis-je capable d’inventer ?

TROIS FRÈRES DE L’ORAGE ERWIN SCHULHOFF, PAVEL HAAS, HANS KRÁSA

TROIS FRÈRES DE L’ORAGE
ERWIN SCHULHOFF, PAVEL HAAS, HANS KRÁSA

« Dans la tourmente et le grand désordre humain de la Seconde guerre mondiale, des millions d’enfants, de femmes et d’hommes ont péri dans les camps de la mort, tués par la barbarie de l’homme. Parmi eux, trois musiciens : Pavel Haas, Hans Krása et Erwin Schulhoff. Ils étaient juifs, ils étaient aussi intellectuels, modernes, communistes ou homosexuels et tous les trois d’extraordinaires musiciens. Double et terrible injustice qu’ils ont endurée, car, assassinés en pleine jeunesse, ils ont aussi été privés d’une gloire posthume, l’histoire ayant davantage retenu leur statut de victimes plutôt que celui de grands compositeurs. Nous avons choisi, avec cet enregistrement, de rendre hommage à la musique de ces « trois frères de l’orage », pleine de sensualité, de couleurs et de vie. »

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